Gagner une heure par jour au bureau grâce à la GTD (Getting Things Done)

Une bonne résolution pour ce début d’année ? La GTD, très à la mode outre-Atlantique, cette méthode séduit aussi les cadres français. Rencontre avec son créateur et quelques adeptes.

« Y a-t-il une personne dans cette pièce qui ne rapporte pas de travail à la maison ? » Dans la salle, personne ne moufte. Et pour cause : les participants à cette conférence sont précisément venus écouter cet expert pour cela : trouver des réponses. Auteur du guide « S’organiser pour réussir », David Allen était de passage à Paris fin 2015 pour promouvoir la réédition de son livre culte aux États-Unis. En version originale, cela s’appelle la méthode GTD, soit « Getting Things Done » ou « l’art de l’efficacité sans le stress ». « Quand on y pense, c’est grisant d’imaginer tout ce que l’on peut faire en une journée, résume-t-il. Mais dès que l’on subit les événements, on est grillé. »

 

Des trucs pour soulager son cerveau

Plus facile à dire qu’à faire ? Nicolas Chartier dédramatise volontiers la démarche. « J’applique cette méthode depuis cinq ans après avoir découvert le livre dans un aéroport, témoigne le co-fondateur et directeur général d’Aramisauto. Le livre est rapide à lire. Après, le plus difficile est d’appliquer ses principes. » Cet entrepreneur détaille quelques-unes des idées phares de la méthode qui l’ont aidé gagner en efficacité : se libérer le cerveau, rédiger des listes et, surtout, transformer ses projets en actions. « Quand j’ai commencé à différencier projets et actions et à tirer des actions de mes projets, j’ai soudain vu que mes projets avançaient plus vite. C’est une forme de planification naturelle qui vient toute seule. »

« Cette méthode comprend quelques trucs simples comme la règle des deux minutes, poursuit Romain Bisseret, président d’In Excelsis et représentant de la formation GTD en France. En clair, tout ce qui vous tombe dessus et qui prend moins de deux minutes, il vaut mieux le faire tout de suite. Une autre astuce consiste à prendre l’habitude de toujours noter ce que l’on a à faire car notre cerveau n’est pas conçu pour stocker ce type d’information. Enfin, on peut aussi se prévoir un brief hebdomadaire pour passer en revue tout ce que l’on a à faire et transformer ses projets en actions. »

 

Testé et approuvé par les managers

La méthode GTD, proposée en France depuis 2014, séduit de plus en plus de cadres, et pas seulement les dirigeants. « Nos participants ont en moyenne entre 35 et 50 ans, constate Romain Bisseret. Il s’agit de profils en management intermédiaire avec beaucoup de tâches et de collaborateurs à gérer. » « Je m’aperçois effectivement que les plus en demande ne sont pas forcément les grands patrons mais les niveaux intermédiaires, abonde David Allen. Les managers sont généralement ceux en plus grande souffrance car ce sont eux qui doivent gérer et subir le plus de choses en même temps. »

« C’est la principale demande que je reçois, confirme Nadia Boudjella, responsable formation et développement chez Samsung France. Nos cadres veulent apprendre à s’organiser pour être plus efficaces, surtout dans une entreprise comme la nôtre avec une culture de l’urgence. » Elle propose désormais cette formation, disponible entre un jour et demi et trois jours, à ses collègues. Non sans l’avoir elle-même testée. « Je propose aux sceptiques de suivre la formation pendant une journée et d’essayer d’appliquer ses principes pendant un mois, le temps d’habituer son cerveau. Aujourd’hui, je sais que cela fait rêver, mais je pars le soir avec zéro email dans ma boîte de réception. À force, on gagne une heure par jour. Un vrai luxe de nos jours ! » « Je me suis demandée si la méthode GTD pouvait aider nos avocats à reprendre le contrôle de leur vie, témoigne Anne De Wilde, directrice des ressources humaines du cabinet CMS-Francis Lefebvre. Je pense que c’est assez utile dans les professions où l’on a parfois l’impression de subir la « tyrannie du client ». En cela, c’est une méthode qui permet de reprendre le dessus et de redevenir maître de son organisation. »

 

Trouver un peu de temps pour jouer, aussi…

David Allen confirme mais propose de ne pas envisager la démarche d’un strict point de vue professionnel. « Ce à quoi sert ce temps gagné appartient à chacun. J’ai un ami musicien qui s’est servi de cette méthode pour finir toutes les chansons qu’il avait commencées. L’animateur américain Howard Stern s’est mis à la peinture grâce à la GTD. Ou encore, je coache le président de la Banque mondiale qui se sert de la méthode pour ne pas rapporter de travail à la maison et jouer avec ses enfants. L’idée générale est d’avoir un peu plus de place dans sa tête, d’être davantage engagé dans tous les aspects de sa vie, et ainsi d’être plus efficace… »

 

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Comment arrêter de penser au travail chez soi ? Comment éviter la perte des talents ?